3 raisons qui vous empêchent de pardonner

 

PARDONNER, PARDONNER, facile à dire… moins facile à faire ! Le pardon demeure un sujet immensément délicat, en particulier pour ceux qui ont besoin de pardonner. On peut philosopher abondamment sur le sujet en prétextant qu’il est nécessaire à l’existence. Néanmoins, ceux qui ont été blessés, trahis, abusés, victimes d’injustice ont extrêmement de difficultés par rapport au concept même du pardon. Pourquoi en est-il ainsi ?

Qu’est-ce qui empêche les gens de pardonner ? On pourrait répondre à cette question simplement, en disant qu’il y a probablement autant de raisons que de personnes et d’histoires. Mais, à mon avis, tous les motifs de ne pas pardonner se résument en une seule et même raison : les gens ne comprennent pas le pardon. Parce qu’ils ne le comprennent pas, ils résistent à l’idée même et encore davantage à la possibilité d’agir. Mais, pour mieux l’expliquer, attardons-nous avant tout à ce qu’il n’est pas.

1- Le pardon, ce n’est pas oublier !

Les Anglais connaissent l’expression “forgive and forget”. C’est probablement la consonance des mots qui fait que l’on associe « pardonner et oublier ». La réalité est que l’on n’oublie pas, que l’on n’oublie jamais. Les souvenirs ne s’effacent pas de la mémoire comme par magie. Cela ne signifie pas que l’on ressasse constamment ce qui est survenu ou que l’on pense toujours à ceux qui nous ont blessés. Cependant, les blessures, même si elles sont invisibles, ne s’oublient pas ! Bien plus, je crois que, jusqu’à une certaine mesure, il est préférable de ne pas oublier.

« L’insensé ne pardonne ni n’oublie ; le naïf pardonne et oublie ; le sage pardonne, mais n’oublie pas.» Thomas Saltz

2- Pardonner, ce n’est pas absoudre !

Les gens qui nous ont fait mal demeurent pleinement responsables des torts qu’ils ont causés.  Le pardon ne change rien à leur responsabilité dans l’offense. La victime qui pardonne n’efface pas les gestes qui ont été posés ou les mots qui ont été dits. Le mot absoudre vient d’«absolvere », ce qui signifie acquitté dans le sens de déclarer une personne non coupable. De toute façon, vous l’avez remarqué dans votre propre expérience personnelle : les gens qui blessent les gens n’avouent que très rarement leurs torts. Bien souvent, ils n’ont même pas conscience des préjudices qu’ils causent. Dans ce sens, on peut en vouloir à quelqu’un du tort qu’il nous a fait. On peut le mépriser, le haïr même sans qu’il soit conscient de quoi que ce soit et que cela ne change strictement rien, ni à sa vie ni à la nôtre.

« Le pardon n’a rien à voir avec absoudre un criminel de son crime. Il a tout à voir avec se soulager du fardeau d’être une victime – de laisser aller la douleur et de passer de victime à survivant ». C R Strahan

3- Pardonner, ce n’est pas nier !

Je suis toujours inconfortable avec les gens qui pardonnent rapidement. Loin de moi, l’idée de juger. Mais avec les années d’expérience à rencontrer des gens blessés, je me suis rendu compte que la plupart du temps, plus la blessure est grave et que les gestes commis sont dommageables, plus le pardon est difficile. Cela peut paraitre un peu paradoxal de ma part de prêcher les vertus du pardon d’un côté et de l’autre être méfiant de ceux qui ont le pardon facile. Peut-être vous posez-vous la question pourquoi, je réagis de la sorte. La réponse se trouve dans un petit mécanisme de défense présent chez les humains qui s’appelle le déni. Le déni est le refus et parfois l’incapacité pour une personne d’accepter la réalité. Ils se protègent ainsi de la désorganisation intérieure générée par l’angoisse que représente la situation.

 » Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort. » (Luc 23:34)

Pardonner, ce n’est donc pas nier. Encore moins, refuser de voir ce qui est réellement arrivé et ce n’est pas non plus minimiser ce qui est arrivé. Ce n’est pas faire semblant de ne pas voir ni se mettre la tête dans le sable. Au contraire, pardonner est un geste conscient, issu de notre volonté et qui prend en considération le prix à payer pour se libérer du passé. Ce n’est pas un geste impulsif ou irréfléchi. C’est une réaction murie et poussée par la réflexion sachant que, malgré la douleur et la souffrance, c’est la seule manière de s’en sortir.

Pardonner nécessite de ce fait du courage. Surtout pour pardonner à ceux qu’on aime comme les membres de notre famille par exemple. Combien de familles demeurent divisées par des querelles si lointaines que parfois elles ne se souviennent même plus de ce qui s’était vraiment passé. Et même si parfois les membres de cette famille se visitent, une certaine froideur persiste malgré les sourires polis. Néanmoins, les non-dits persistent parce que le réel problème n’est pas adressé, mais, au contraire, évité.  Pourquoi ne pas tenter de tendre la main et de faire la paix? Pourquoi ne pas faire les premiers pas pour régler la situation? Vivre en harmonie est meilleur pour la santé qu’entretenir de l’amertume et du ressentiment. Il est toujours étonnant de réaliser que les problèmes se règlent beaucoup plus facilement qu’on le pense.

Peu importe ce que vous avez vécu : abus, injustice, rejet, trahison. Le pardon constitue une façon efficace de se libérer d’un passé douloureux ou d’une situation conflictuelle pour bâtir un avenir merveilleux.  Rien de simple ni de facile bien entendu. Mais quelque chose qui vaut la peine d’envisager et d’exercer même si au premier regard, cela semble inimaginable.

« Le pardon est l’invention de Dieu pour mettre un terme à l’injustice et à la souffrance dans un monde où les gens, malgré leurs meilleures intentions, ne réussissent pas à faire la paix et à cesser de se détruire mutuellement. » Lewis Smedes

 

6 réponses
  1. Ursule dit :

    Merci à vous pour cet enseignement. Je voudrais cependant savoir si la décision de pardonner lorsqu’on la prend doit automatiquement nous faire cesser d’avoir mal ? Et, est ce que pardonner signifie reprendre avec l’autre exactement là où on s’était arrêté, ou bien est-il légitime d’apporter certains « aménagements » à notre relation même si on a pardonné ?
    Merci encore et que Dieu fasse prospérer votre ministère.

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  2. Sonia dit :

    Dieu Lui même ne pardonne pas celui qui ne ce repend pas.
    Jésus a dit de pardonner autant de fois que nécessaire celui qui vient vers nous pour ce repentir. Lorsque qu’un mal est fait, le pardon est là pour réparer. Pardonner un individue qui ne reconnaît pas son tort lui fait croire que tout est correcte. Ce n’est pas comme ça que le péché sort de l’église non plus.
    Il faut citer la parole de Dieu…pas juste l’homme

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  3. guillermet claire dit :

    merci Denis pour LE PARDON
    cet enseignement est tres riche en bonnes paroles essayer de pardonner ce n est pas tjrs facile a faire mais je crois je vais y arriver
    Q D V B A

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