Avons-nous vraiment le choix ?

Que nous le voulions ou pas et que nous en soyons conscients ou non, la vie est une succession de choix. Ces choix déterminent en grande partie la qualité de notre vie.

Se marier, avoir un enfant, entreprendre une carrière dans un domaine particulier… exemples des multiples choix qui jalonnent notre vie. Bien sûr, tous les choix ne sont pas aussi déterminants. Les choix de nos vêtements et de nos loisirs, par exemple, ont une portée différente qu’il n’est pas toujours facile de mesurer. Cependant, comprendre la présence et l’importance de nos choix permet de bien assumer notre vie.

Trop souvent, les gens se sentent victimes des circonstances. Ils croient que s’ils étaient nés à une autre époque, dans une autre contrée, avec d’autres parents, leur vie ne serait pas la même. Bien sûr, elle aurait été différente. Meilleure ? Personne ne peut le prédire. La réalité, vous en conviendrez, est que nous ne pouvons pas choisir notre famille, le lieu de notre naissance, notre race et encore moins la couleur de notre peau. En fait, lorsque nous étions enfants, nos choix étaient très limités. En regard de la vie ou de l’avenir, nous pourrions dire que l’enfant ne pense même pas à choisir. Il ne fait que subir sa vie parce qu’il n’a pas le pouvoir de la changer. En réalité, ce sont les adultes qui font ce genre de raisonnement. Généralement, les enfants ne se perçoivent pas comme victimes (bien qu’ils le soient souvent). Le paradoxe vient du fait que ceux qui sont en position de modifier leur condition, les adultes, s’imaginent que rien ne peut changer parce que tout a mal commencé.

« Nous n’avons pas pu choisir comment notre vie a commencé, mais, nous pouvons choisir comment elle va se dérouler. »

Laissez-moi vous raconter une anecdote de ma vie personnelle. J’ai perdu mon père lorsque j’avais à peine 8 ans. Je me rappelle très bien les circonstances entourant sa mort (même 50 ans plus tard). Il a été foudroyé par un cancer en à peine 3 semaines. Je me souviens surtout du vide angoissant, du sentiment d’abandon et de la honte qui s’y rattachaient. Je ne pourrai jamais oublier l’impact que cet événement a eu sur la formation de ma personnalité et sur le déroulement de ma vie.

À l’âge de 20 ans, je suis devenu chrétien. Dès ce moment, le Seigneur a commencé une œuvre de guérison dans mon cœur et dans ma vie d’orphelin. Au travers des années qui ont suivi, plusieurs événements m’ont confirmé qu’il était au travail avec moi. Un jour où j’étais en prière et que je ressentais toujours ce vide désagréable, j’ai dit à Dieu : « Si mon père avait été présent, ma vie aurait été bien différente ! » En fait en priant ainsi, j’imaginais une vie meilleure que celle que j’avais à ce moment-là. Ce que j’exprimais ainsi était en fait ce que j’appelle communément une pensée flottante. Un peu comme un bout de bois sur la surface de l’eau qui flotte et suit le courant. Il s’agit d’une pensée omniprésente dont on ne se rend plus vraiment compte. On y pense sans vraiment y penser. Ce qui m’étonna fut la réponse de Dieu à cette réflexion : « Effectivement, ta vie aurait été différente, mais… Elle aurait pu être pire ! » J’avoue que je ne m’attendais pas à cette réponse. J’avais idéalisé ce que mon père aurait pu faire pour moi (ce qui est un phénomène courant chez les orphelins). Mais, jamais l’idée ne m’était venue que ça aurait pu être pire. Ce jour-là, je compris très bien la leçon et surtout mon faux raisonnement.

Cette façon de penser qui m’animait à l’époque m’amenait à me poser en « victime ». Bien sûr que j’avais été victime d’un événement malheureux. Mais avec les années, j’étais resté une « victime ». Pour quitter cet état d’être, il fallait que je commence à voir les choses différemment. Et c’est ce qui m’arriva ce jour-là.

« Nous ne pouvons pas changer ce qui nous est arrivé, mais nous pouvons choisir ce que nous allons devenir ! »

En atteignant un certain niveau de maturité, on devient capable de penser différemment, de voir différemment, de choisir et d’assumer de nouveaux choix. Cesser de subir le passé, n’est pas facile et requiert beaucoup de courage. Par contre, pour ceux qui ne comprennent pas cette nouvelle équation, la vie risque d’être désespérante, et l’espoir de voir les choses changer facilement anéanti. Ils ne sont plus victimes des circonstances, mais de leur propre perception de la vie. Parce qu’ils se croient incapables de faire des choix à cause de ce qui est survenu dans le passé, ils se sont résignés et ont capitulé face à eux-mêmes et face à la vie.

« J’ai le choix à tout moment. Les moments s’additionnent pour former une existence entière ; les choix s’additionnent pour former une vie. » Tal Ben Shahar

Dieu est au fait de ce qui se passe dans notre vie. Il veut nous faire passer d’un mode où l’on croit que rien ne peut changer à un niveau de conscience plus élevé. C’est dans ces moments que l’espoir nait. Mais bien plus, il nous incite à passer d’un stade passif à un stade proactif. C’est à ce moment que la foi prend tout son sens. Lorsque nous passons à l’action, les choses commencent à changer.

Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix. Éric-Emmanuel Schmitt

Certains d’entre vous doivent comprendre la portée de leurs choix. Ne dites plus que vous n’avez pas le choix.  Gardez à l’esprit que le refus de choisir constitue un choix. C’est le choix de l’immobilisme, de l’inaction qui vous gardera dans votre condition. Prenez courage et faites confiance à Dieu. Prenez les décisions que vous devez prendre et faites les choix que vous devez faire et puis passez à l’action. N’ayez pas peur des risques, mais, au contraire, saisissez par la foi les possibilités nouvelles qui s’offrent à vous.

 

2 réponses
  1. Josee Marcoux dit :

    Merci pour ce texte qui arrive à point alors que je dois choisir si oui.ou non je vais en greffe de moelle osseuse pour traiter une leucémie myeloide aiguë : la décision la plus difficile de ma vie pour ma vie.

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  2. seheno dit :

    Bon courage, madame Marcoux. Nous pouvons faire des choix s’ils sont devant nos yeux. Mais le propre de l’homme, c’est qu’il ne voit généralement pas plus loin que  » le bout de son nez ». Si personne ne lui dit, face à une situation donnée, qu’il peut choisir entre agir de telle ou telle façon, il ne le saura pas. Ne nous sommes-nous jamais exclamés :  » ah ! je ne savais pas que…!! ». Nous avons besoin d’un « directeur », d’une personne pour nous guider, pour nous dire, pour nous mettre face à des choix, le plus souvent. Une personne extérieure ou..Dieu directement au travers de sa Parole. L’homme, dans sa confusion intérieure face à sa condition, dans son aveuglement, pour toutes sortes de raisons, n’est pas apte à raisonner, réfléchir tout seul. il lui faut une aide extérieure. Puisse chacun trouver sur son chemin enténébré un guide, un ami, qui pourra lui ouvrir les yeux et faire comprendre qu’il n’y a pas q’une seule solution ( désespérée) à sa situation, mais qu’il peut y avoir d’autres solutions.

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