Est-ce qu’il y a une vie après le drame ?

Nous menons notre petite vie tout doucement, le travail, les enfants, la routine quotidienne. Puis, un beau jour l’impensable se produit. Nous savions que des tragédies peuvent arriver… mais aux autres ! Cette fois, c’est moi !

Bien sûr que l’on pense aux drames. Nous lisons les journaux, regardons le journal télévisé et nous sommes bombardés par les mauvaises nouvelles : horreur, tragédies, catastrophes, etc. Mais, on y pense de façon un peu inconsciente en n’imaginant pas que cela pourrait nous arriver. Dans ce sens, nous sommes tous semblables.

Laissez-moi vous raconter une période tragique de ma vie pour illustrer mon propos et qui a pris place il y a 5 ans. J’étais pasteur impliqué dans une grande église, professeur dans un institut de théologie, puis psychoéducateur en cabinet libéral et grand voyageur parcourant la planète francophone pour des séminaires, conférences, etc. Et puis, un certain jour, en juin 2010, comme tous les matins, ma femme part travailler dans un grand hôpital montréalais. Depuis quelques semaines, elle avait quelques bleus ici et là sur le corps. Inquiète, elle vérifie auprès des médecins pour qui elle travaille la teneur de ces taches sombres. Ceux-ci entreprennent des tests sanguins sur le champ et, le soir même, le verdict tombe : leucémie aigüe. LE CANCER. Une nouvelle complètement inattendue qui s’abat sur moi, sur mes enfants comme une tonne de briques. Choc, déni, effroi, espérance, désillusion, traitements, chimiothérapies, etc. 159 jours d’hospitalisation à jouer avec la mort, avec les hauts et les bas, les espoirs et les cruelles déceptions. Et puis, l’échec des traitements, les soins palliatifs et… la fin… la mort et son implacable impact.

S’en suivent, de longs mois de deuil, de douleur, mais aussi de reconstruction et de restauration. 5 années plus tard, je suis à même de vous confirmer qu’il y a une vie après le drame. Je suis heureux, restauré, remarié et avec la tête rempli de projets pour les 50 prochaines années. Et… OUI, toujours aussi occupé, mais, par-dessus tout, passionné de la vie.

« L’homme n’est peut-être pas absolument fini, il se forme et se crée dans l’expérience de la vie, de la lutte de l’esprit, dans les épreuves de sa destinée. Nikolaï Berdiaiev

Au fil de toutes mes années, dans le cadre de mon ministère, j’ai eu à accompagner des centaines et des centaines de personnes aux prises avec les cruelles réalités qu’apporte parfois la vie. Conseiller des parents dont le fils vient de se suicider. Consoler et encourager les membres d’une famille qui ont survécu à un accident de la route pendant que d’autres en sont morts. Tenter d’expliquer à une mère les abus dont a été victime sa fille et aider cette dernière à guérir des séquelles de cet abus. Et j’en passe…

Néanmoins, la question fondamentale que cela amène est la suivante : comment faire pour s’en sortir, rebondir et reprendre sa vie en main. La réalité est que cela n’est pas simple. Certains vous prêcheront des recettes faciles, une approche magique. D’autres tenteront de vous donner des explications spirituelles, mystiques, rationnelles pour expliquer l’inexplicable. C’est ce qu’ont tenté de faire sans succès les amis de Job tout au long des dialogues qui prennent place dans son livre. Ce dernier n’a été que très peu consolé par ses amis. J’explique cela de long en large dans la série « De l’affliction à la bénédiction ». Ne croyez pas ceux qui vous proposent un chemin facile.

Voici ce que vous devez savoir et réaliser face aux drames de votre vie :

  • Les drames arrivent et personne n’y fait exception

Il n’y a pas, bien sûr, de plan prédéterminé de souffrances et de tragédies. La vie étant ce qu’elle est, on ne peut pas échapper aux déboires et difficultés inhérentes à celle-ci. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui, à un moment ou un autre de sa vie, n’ait été éprouvé. On finit toujours par perdre un être cher et, inévitablement, on survit à ses propres parents. Dans sa lettre, l’apôtre Jacques parle des épreuves en insistant sur le fait que nous serons exposés, immanquablement, à celles-ci.

Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés… Jacques 1 :2

Cela ne signifie pas que Dieu est là, assis au ciel, en train de nous concocter des épreuves en se disant : « Hum, je trouve que ça se passe trop bien pour cette personne… Une petite épreuve lui ferait sûrement du bien… » Cette façon de voir Dieu est malsaine et n’aide personne à se rapprocher de Lui pour avoir son secours et sa consolation.

  • Le choc est toujours très percutant !

Les drames et les tragédies causent dans nos vies un effet de choc qui se manifeste selon 3 aspects :

  • L’imprévisibilité qui cause l’effet de surprise et qui se traduit par cette réaction : Je ne m’y attendais pas !
  • L’impact suscité par la forme que prend le drame se résume souvent à cette expression : je m’attendais à quelque chose mais sûrement pas à cela !
  • L’impuissance comme manifestation de notre sentiment d’incapacité et qui nous confronte à nos limites : Je n’y peux rien, c’est au-delà de mes forces !

Ces trois caractéristiques s’ajoutent à notre désarroi et amplifient parfois notre détresse. Nous ne pouvons pas y échapper. Il faut, dans ces moments, faire la paix avec notre humanité et réaliser que nous avons besoin d’aide !

  • Avec du soutien, nous pouvons passer au travers

Mon ami le pasteur Philippe Barbuis a vécu sensiblement la même tragédie que moi des années auparavant. Pasteur à Fréjus, dans le sud de la France, il fut dévasté par la triste nouvelle de sa femme atteinte d’un cancer. En quelques mois, sa vie ainsi que celle de sa famille bascule. Il raconte son histoire avec grâce et sensibilité dans son livre « Il était là… et je ne le savais pas ». Mon ami Philippe a été présent dans les moments sombres de ma propre tragédie m’offrant support et réconfort. Ayant été lui-même consolé et fortifié, il était à même de comprendre ma propre souffrance.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelques afflictions ! (2Co 1:3-4)

  • Nous pouvons tous nous en sortir

L’espoir est une force, une vertu puissante. C’est elle qui nous permet de persévérer et d’anticiper des jours meilleurs. Dieu nous a ainsi créés. Il a placé en nous des capacités qui s’activent dans les moments de difficultés et qui nous poussent à aller de l’avant. Il ne nous a pas laissés démunis face aux difficultés sinon, nous serions battus à chaque épreuve. Voilà pourquoi, les drames ont cette particularité de révéler en nous des ressources insoupçonnées.

« Au milieu de l’hiver, je sentis en moi un été invincible » Albert Camus

  • Dieu ne nous abandonne jamais

Il est parfois difficile de comprendre la fidélité de Dieu dans les moments difficiles. On aimerait qu’il nous évite de passer au travers des circonstances difficiles. Au mieux, on aimerait avoir une divine immunité face à l’adversité. Mais, encore une fois, la vie est ainsi faite qu’il faut, à la place, apprendre à mieux faire face à ces tempêtes et pouvoir compter sur sa présence.

Aucune tentation ne vous est survenue, qui a été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation, il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter.(1Co 10:13-14)

Le mot tentation que nous retrouvons dans ce texte est synonyme d’épreuve. En fait, toute tentation est, vous le conviendrez, une mise à l’épreuve. Littéralement, l’épreuve met à l’épreuve ce que nous sommes. Nous sommes poussés à bout de nos capacités parfois au point que nous croyons impossible de nous en sortir. Mais, Dieu est là et, comme le dit mon ami Philippe, je ne le savais pas ou du moins, j’avais oublié.

« Vivre un jour à la fois ; appréciant chaque moment, un à la fois ;

Accepter les difficultés comme un chemin de paix ;

Prendre, comme il le fit, ce monde pêcheur

Comme il est, non pas comme je l’aurais voulu ;

Confiant qu’il fera tout bien si je me rends à Sa Volonté ;

Que je peux être raisonnablement heureux dans cette vie et suprêmement heureux avec Lui pour toujours. »

Amen » Reinhold Niebuhr

9 réponses
  1. Regens Martin
    Regens Martin dit :

    Droit au coeur mon cher Denis … toujours un plaisir de te lire et d’être revitalisé comme par Celui qui te revitalise toi aussi … A la revoyure et merci ! A+

  2. Ginette M Habib
    Ginette M Habib dit :

    Merci de se témoignage j’apprécie beaucoup se que vous dites ,il y a de l’espoir pour ceux qui on pour Dieu l’Eternel et qui ont pour sauveur et soutiens Jésus cela me fais pensée au psaumes
    Invoque moi et je te répondrais je te délivrerez et tu me glorifieras ,il est notre soutiens un appuie qui ne manque jamais dans la détresse .

  3. Andrée Clément
    Andrée Clément dit :

    Cher Denis,
    Merci de partager ton vécu! C’est souvent le meilleur moyen de faire comprendre la réalité de la souffrance.
    Ton amie Andrée

  4. Elisabeth Dugas
    Elisabeth Dugas dit :

    Bonjour Denis,
    je viens de partager largement votre texte sur « la vie après un drame » sur Facebook (où je vous ai mis ce même message).
    Je suis responsable de la section Top Famille du Top Chrétien. Vous êtes déjà parmi nos auteurs, est que je peux mettre votre texte en ligne ? il encouragera des Internautes, c’est certain, d’autant plus que le sujet du deuil est souvent peu abordé dans nos églises.
    Au plaisir de vous lire. Fraternellement,
    Elisabeth

    • Responsable des cours en ligne
      Responsable des cours en ligne dit :

      Bonjour Élisabeth,
      Tu peux publier le texte sans problèmes. Veuille seulement t’assurer que l’auteur est bien mentionné ainsi que le site web http://www.denismorissette.com. Cela me fait plaisir de contribuer au Top Chrétien.

      Au plaisir!

      Denis Morissette

    • Responsable des cours en ligne
      Responsable des cours en ligne dit :

      Bonjour Élisabeth,
      Tu peux publier le texte sans problèmes. Veuille seulement t’assurer que l’auteur est bien mentionné ainsi que le site web http://www.denismorissette.com. Cela me fait plaisir de contribuer au Top Chrétien.

      Au plaisir!

      Denis Morissette

  5. Guy
    Guy dit :

    Bel article. Belle façon de voir la vie et ses épreuves.

    Je n’ai personnellement pas d’enfant, mais j’ai un neveu auquel je suis beaucoup attaché… et je souffre quasiment pour lui des fois. Je n’aime pas quand il a mal ou quand il a de la peine. Je voudrais la prendre à sa place. Et c’est de cette façon que j’aime voir Dieu.

    Il n’aime pas nous voir souffrir… Il n’y trouve aucun plaisir…

    Quand à certaines souffrances je les compare quelques fois à celle d’un athlète qui doit soumettre durement son corps à l’épreuve pour être mieux préparer en vue des compétitions.

    Mais j’aime bien le livre de Job. C’est un de mes préférés dans la bible. Des fois comme chrétiens on pense devoir avoir réponse çà tout… mais c’est loin d’être toujours le cas.

    Je me souviens de toi comme psychoéducateur à Sherbrooke. J’allais te voir parce que j’avais rechuter dans l’alcool après 2 ans de vie chrétienne et d’abstinence. Mais ma foi était très confuse et « flyé » dans le temps.

    Ça m’a quasiment pris toutes ces années de rechute loin de l’Église mais toujours fouillant dans la bible et des livres de certains pasteurs que je trouvais qui faisaient du bon sens pour des réponses et apprivoiser une foi qui fonctionne finalement pour moi.

    Une foi qui ne me condamne pas, mais me montre à quel point je suis aimer de Dieu même dans ma grande noirceur.

  6. Carol
    Carol dit :

    Merci Denis pour ce beau témoignage qui nous montre la grandeur de notre Grand Dieu d’amour! Je le fais publier sur Facebook, car je sais qu’il en bénira d’autres qui en ont besoin!

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