LES UNS LES AUTRES

J’arrive tout juste d’Afrique. Quelle différence avec l’Amérique ? Le « nous » fait davantage place au « Je ». L’Amérique, c’est le paradis chimérique des héros solitaires. Le christianisme est bien différent de cette réalité. L’Église n’aurait pas survécu si elle avait été individualiste. Mais, Jésus y avait pensé…

Toute la culture nord-américaine (et occidentale) tourne autour de la notion de héros. Pour ma part, je n’ai aucun problème avec la notion d’héroïsme. Nous avons besoin de héros particulièrement à notre époque où nous sommes parfois si déçus et tellement désabusés par le manque de figures intègres et ce, dans plusieurs sphères de la société.

Le problème vient de la surreprésentation du héros solitaire. Au moment où j’écris ces lignes, le film « Captain America 2 » sort sur les grands écrans. Nous connaissons le scénario typique de ce type de film. Seul, il parviendra à sauver la nation face à ses ennemis. La vérité est, qu’au-delà de la fiction, cela est irréaliste et présente une très mauvaise conception de la vie et de ces enjeux. Il est faux de penser que seuls nous pouvons parvenir à tirer notre épingle du jeu. La réalité : nous avons besoin les uns des autres.

 L’église

Il existe plusieurs façons de voir l’église. Elle peut être perçue comme une institution, une organisation et même un bâtiment. Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul la décrit comme un organisme vivant et, plus précisément comme un « corps ». Il définit les croyants comme étant les membres d’un seul corps. Bien plus, il insiste sur le fait que tous les membres ont de l’importance et qu’ils doivent prendre soin les uns des autres.

« Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ; et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d’honneur, tandis que ceux qui sont honnêtes n’en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. » (1Co 12 h 22-25)

Dans leurs écrits, les apôtres, tout comme Jésus, ont abondamment utilisé l’expression les uns les autres selon différents contextes :

  •  Aimez-vous les uns les autres
  • Prier les uns pour les autres
  • Exhortez-vous les uns les autres
  • Supportez-vous les uns les autres
  • Saluez-vous les uns les autres
  • Attendez-vous les uns les autres
  • Portez-les fardeaux les uns les autres

Lorsque l’apôtre Paul utilise cette métaphore du corps, il signifie littéralement que l’église est une communauté. Une communauté dont les membres prennent soin les uns des autres. Mais, vous conviendrez comme moi que Jésus n’a jamais voulu se construire une cathédrale. Il a voulu se bâtir un peuple. Sur le plan universel, les croyants sont, de tout temps et de toutes époques, ce peuple. Sur le plan local, ce peuple de croyants constitue l’église ou l’ensemble des églises qui constituent la chrétienté. Bien plus, il ne s’agit pas seulement d’une foule qui se réunit dans un même lieu, mais une communauté de gens, de personnes qui interagissent les uns avec les autres, et ce, pour le bien commun.

 « L’église est un corps de croyants dont les vies sont dédiées à Jésus-Christ et qui sont équipés pour servir et pour rencontrer les gens dans leurs besoins, et ce au nom de Jésus ». Jerry Cook, Love acceptance, and forgiveness

L’église des premiers siècles a vécu les persécutions les plus horribles. Mais elle a survécu parce qu’elle avait compris l’importance de la communauté, du support et de l’entraide. Les croyants seuls ne parviendraient pas à sauvegarder leur foi, mais, tous ensembles, ils ont pu traverser les pires difficultés.

 La famille

La famille constitue un autre exemple du fait que nous avons besoin les uns des autres. Ce que nous sommes, le canevas de notre personnalité, nos apprentissages comme marcher et parler (et bien d’autres fonctions complexes) proviennent de nos interactions avec nos parents et les autres membres de notre famille. Les êtres humains ne peuvent se développer que par l’apport des autres. Les gens contribuent envers nous autant que nous envers eux. Que nous le voulions ou non ou que nous en soyons conscients ou non, nous avons tous besoin les uns des autres.

 Je ne sais pas si c’est moi qui suis tombé le premier ou si c’est toi. Peu importe. Le premier qui se relève doit aider l’autre. Verra Nazarian

Il arrive parfois des conflits, des incompréhensions dans la famille et dans le mariage tout comme dans les amitiés. Néanmoins, nos relations doivent demeurer un bien précieux. Nul ne peut vivre comme si le reste du monde n’existait pas. Avoir quelqu’un dans notre vie pour qui se soucier et qui se soucie de nous est un atout incroyable. C’est un moteur qui nous permet d’avancer et de progresser malgré les obstacles qui se présentent sur notre route.

3 réponses
  1. Hélène
    Hélène dit :

    Je suis interpellée par « Avoir quelqu’un dans notre vie pour qui se soucier et qui se soucie de nous est un atout incroyable. »
    Je dirai que c’est plus qu’un atout, pour moi c’est une nécessité

    • Thérèse
      Thérèse dit :

      Le partage «Les uns les autres» est excellent. Il faut démontrer de l’empathie sans juger et regarder plus loin qu’à l’apparence. Un amour vrai est celui qui agit!

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