Mieux comprendre la dépression

Au fur et à mesure que la pandémie se prolonge, beaucoup se retrouvent à lutter contre la dépression. Mais quels en sont les symptômes ?

La dépression constitue une des souffrances les plus communes pouvant affliger la condition humaine. Le risque de présenter une dépression majeure au cours de la vie varie de 10 à 25 % chez les femmes et de 5 à 12 % chez les hommes. On estime qu’en occident, une personne sur 5 en sera affligée au cours de sa vie.

L’OMS (Organisation mondiale pour la Santé) estime que les troubles dépressifs représentent le 1er facteur de morbidité et d’incapacité sur le plan mondial (communiqué de mars 2017). Ainsi, on compte plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrant de dépression soit une augmentation de plus de 18 % de 2005 à 2015. La dépression n’est pas un trouble de santé à prendre à la légère. Elle peut conduire au suicide. Chaque année, près de 800 000 personnes meurent en se suicidant. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.

C’est un mal commun qui suscite encore et toujours beaucoup de questions et de réactions, et ce, au détriment de la personne qui en souffre. Par exemple, on perçoit trop souvent les personnes dépressives comme des gens qui s’apitoient sur leur sort, qui sont faibles ou qui manquent de force de caractère. Ceux qui sont en dépression ne sont pas seulement victimes du préjugé des autres, mais aussi et surtout de leur propre regard sur eux-mêmes.

« Pourquoi donne-t-il la lumière à celui qui souffre, et la vie à ceux qui ont l’amertume dans l’âme, qui espèrent en vain la mort et qui la convoitent plus qu’un trésor. » Job 3/20-21

Ce texte tiré du livre de Job nous présente les paroles d’un homme affligé. Un homme dont la vie est devenue une source de désespoir et de malheur. Le livre de Job décrit de façon détaillée les diverses étapes qui ont marqué la vie d’un homme écrasé par la souffrance et qui, à la fois, cherche l’espoir et crie son désespoir. Cette description d’un homme en proie à la douleur morale, physique et mentale constitue probablement la source la plus ancienne à adresser ce mal à la fois si répandu et si mal compris :

« Périsse le jour où je suis né et la nuit qui dit : un enfant mâle est conçu ! Ce jour ! Qu’il soit donc ténèbres. Que Dieu n’en ait pas souci de là-haut, et que la lumière ne brille plus sur lui ! » Job 3/3-4

 

« J’ai pour partage des mois de douleur, j’ai pour mon lot de nuits de souffrance. Je me couche et je me dis : Quand me lèverais-je ? Quand finira la nuit ?. Et je suis rassasié d’agitations jusqu’au point du jour… » Job 7/3-5

Ceux qui souffrent de dépression peuvent facilement se reconnaître dans la description que fait Job de sa propre condition. Job n’est pas le seul personnage de la Bible à avoir des symptômes. Élie le prophète était un autre grand homme de Dieu qui a dû lutter contre la dépression. Ce fut un prophète dont la vie a été marquée par un déploiement de miracles remarquables : un jour, il fit descendre le feu du ciel et à un autre moment, il fit venir la pluie. Pourtant, malgré les manifestations surnaturelles, il fut frappé par la dépression. Élie se retrouva assis sous un genêt, se lamentant et demandant la mort. Il devint paranoïaque à un tel point qu’il se mit croire qu’il était le seul prophète en Israël qui était resté fidèle à Dieu. Il fallut lui rappeler qu’il en existait sept mille autres aussi consacrés que lui (1 Rois 18, 19)

Et puis, il y a eu Jonas qui après avoir prêché un sermon d’une puissance telle que toute la ville de Ninive se convertit, ressentit une telle dépression qu’il se construisit un abri sommaire, s’y assit et demanda à Dieu de lui ôter la vie (Jonas 4 : 1-9).

Quels sont les symptômes de la dépression ?

Il n’existe pas une seule forme de dépression. Pour mieux comprendre les diverses formes, imaginez un instant une ligne ou un trait représentant un niveau d’intensité allant de moins sévère à très sévère. Les termes utilisés pour décrire des symptômes courants, mais peu sévères sont : cafard, blues, déprime passagère. Les descriptions plus sévères sont décrites par des termes comme : dépression sévère ou dépression majeure, dépression post-partum ou encore trouble bipolaire (auparavant appelé psycho-maniaco-dépression).

Pour bien diagnostiquer la dépression, les médecins utilisent le manuel de diagnostic en santé mentale appelé couramment le DSM. Voici la description des symptômes selon le DSM :

Au moins 5 des symptômes suivants ont été présents durant la même période de deux semaines et représentent un changement par rapport au fonctionnement précédent : au moins un de ces symptômes est soit (1) une humeur dépressive, soit (2) une perte d’intérêt ou de plaisir. Ces symptômes peuvent être signalés par la personne ou être observés par les gens de son entourage.

1- Humeur dépressive présente la plus grande partie de la journée, presque tous les jours, comme signalée par la personne (p. ex., se sent triste, vide, désespérée) ou observée par les autres (p. ex., pleure).

2- Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour toutes, ou presque toutes, les activités, la plus grande partie de la journée, presque tous les jours.

3- Perte de poids significative en l’absence de régime ou gain de poids ou diminution ou augmentation de l’appétit presque tous les jours.

4- Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.

5- Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours.

6- Fatigue ou perte d’énergie presque tous les jours.

7- Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée presque tous les jours.

8- Diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les jours.

9- Pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.

Quoi faire si vous avez ces symptômes ?

1- Ne restez pas isolé.

La tendance des personnes dépressives est de se couper du monde extérieur, de se refermer et d’éviter les relations. La honte, la culpabilité, la peur expliquent pourquoi ils réagissent ainsi. À la place, osez parler à quelqu’un de proche qui saura comprendre votre détresse.

2- Allez voir votre médecin.

N’hésitez pas à aller consulter un médecin rapidement. L’incidence du suicide chez les personnes dépressives est élevée. Il ne faut pas hésiter à consulter. Ne vous fiez pas à ce que les gens peuvent vous dire. Il y a énormément de préjugés sur la dépression.

3- Protégez-vous des préjugés largement répandus.

Les mythes et les préjugés sont largement répandus en ce qui concerne la dépression. Il y a les mythes répandus dans la société en général et ceux présents plus spécifiquement chez les chrétiens et dans les églises. Dans un prochain blogue, j’aborderai ce thème.

4- Acceptez le fait que la dépression se soigne.

Il y a de l’espoir pour ceux qui souffrent de dépression. Comme beaucoup de maladies, celle-ci se soigne. Plus l’aide est entrepris tôt plus le processus de guérison et de rétablissement réussit. Des millions de gens ont pu se réapproprier la vie et recouvrer la paix et la joie avec une dépression bien soignée. Malheureusement, beaucoup d’autres se refusent à cette idée et empirent leur état.

5- Sachez que Dieu comprend votre douleur.

Malheureusement, les gens dépressifs projettent sur Dieu leurs propres préjugés et leurs émotions sombres. Ils voient Dieu au travers du prisme de la honte et de la culpabilité au point de croire que Dieu les rejette. Pourtant, Dieu n’a pas laissé tomber Job dans sa détresse. Il a pris soin d’Élie le prophète et il a tenté de raisonner Jonas dans sa frustration et sa détresse.

« Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines de l’affligé et il ne lui cache point sa face ; Mais il l’écoute quand il crie à lui ! » Psaume 22 : 25

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