Les crises font partie intégrante de la vie et personne n’y échappe. Cela est vrai pour les croyants comme pour les non-croyants. Cela est vrai pour vous comme pour moi. Elles constituent un défi immense pour toute personne. Bien sûr, ce qui est une crise pour l’un ne l’est pas nécessairement pour un autre. Parfois, la crise est personnelle. Parfois, elle est conjugale ou familiale. Cela nous amène à une première question : qu’est-ce qui fait qu’un événement est une crise ? La réponse est dans cette définition : on appelle crise tout événement, circonstance pouvant menacer le bien-être et l’équilibre d’une personne et gêner ainsi le déroulement de sa vie. 

Or, vous pouvez comprendre que la présente situation, celle du COVID 19, rentre très bien dans cette définition. Cependant, ce qui complique davantage la situation actuelle est le fait que tout le monde est en crise simultanément. Toute la planète est en crise. Et celle-ci implique pour certains d’entre vous presque tous les aspects de leur vie : santé, relations, économie, perspectives d’avenir.

Pourquoi une crise nous frappe-t-elle avec tellement de force? Il y a 3 facteurs propres à une crise:

1) Imprévisibilité ; La crise nous frappe avec force parce qu’on ne l’a pas vu venir. Les réactions des gens dans ces moments ressemblent à ceci : je ne m’y attendais pas. Je n’aurais jamais pensé ni imaginé cela. C’est le cas des accidents, de la perte d’un être cher ou d’un emploi. Dans la présente situation, à moins d’être dans certains pays africains qui ont déjà connu une épidémie, ce n’était pas quelque chose de prévisible. On savait que cela pouvait se passer, mais on ne s’y attendait pas.

2) Importance ; Pour qu’une crise ait un impact majeur, il faut qu’elle revête une certaine importance à nos yeux. Perdre ces clés n’a pas la même importance que perdre un être cher. En ce moment, avoir un vilain rhume n’a pas la même importance qu’avoir le coronavirus. Si je reviens aux crises personnelles, comme la perte d’un être cher. On s’attend à ce que nos parents, par exemple, finissent par mourir. Néanmoins, perdre un parent, un enfant ou un conjoint constitue une perte très importante. Lorsqu’un membre de notre famille est malade, cela nous affecte, mais on ne s’attend pas toujours que cela dégénère. C’est ce que vivent beaucoup de personnes atteintes du coronavirus. Dans ces moments, les gens vont dire : je m’attendais à quelque chose, mais pas à cela ou je savais que la vie peut être parsemée d’épreuves, mais là, ça dépasse tout.

3) L’impuissance ; L’impuissance prend la forme des expressions suivantes :  je n’y peux rien ou je ne peux rien faire. Je ne peux rien y changer. Parfois, les gens vont simplement le reconnaître en disant : « Je suis impuissant. » Ce sentiment d’impuissance ou le fait de se retrouver impuissant devant une situation augmente l’effet de la crise. J’appelle cela la crise dans la crise.

Cette seconde crise survient lorsque la personne fait face à un obstacle ou à un événement important dans sa vie et est incapable de composer avec ses ressources habituelles. Cela peut être ses ressources intérieures : force morale, courage, ou encore des ressources extérieures, comme sa famille, ses amis, son Église.

On peut facilement comprendre pourquoi la crise s’aggrave et affecte de plus en plus la personne.

4 CONSEILS DANS LES CIRCONSTANCES

1- Ne sous-estimez pas l’importance de la crise!

Cela est vrai pour toutes les crises, mais particulièrement pour celle-ci, qui est historique. C’est la première fois que la planète entière est ainsi affectée avec toutes les ramifications que cela comporte sur le plan financier, conjugal, relationnel, existentiel. Cette crise n’est pas banale. Elle est majeure et va changer beaucoup de choses dans nos vies et nos habitudes.

2- Ne surestimez pas vos capacités!

Il y a quelques instants, j’ai parlé des ressources que nous avons à l’intérieur de nous. Elles ne sont pas inépuisables. Laissez-moi vous raconter une situation personnelle. Il y a près de 10 ans maintenant, j’ai vécu la pire crise de ma vie. Ma femme (la mère de mes enfants) a été atteinte d’un cancer virulent. Elle a été hospitalisée pendant 159 jours. Malheureusement, les traitements n’ont pas fonctionné et celle-ci est décédée par la suite.  Je l’ai accompagné et supporté tout au long de ces traitements et je croyais que j’étais invincible (après tout je n’étais pas malade), mais c’était sous-estimé l’épuisement physique. Les surhommes n’existent que dans les histoires et les superhéros, que dans les films ou les bandes dessinées. Dans la vraie vie, nous sommes des humains avec des limites.

3- Entourez-vous de gens qui peuvent vous aider !

Historiquement, la force du christianisme n’a pas été uniquement dans la beauté et la puissance du message de Jésus, mais aussi dans la présence de l’église dans ce monde. Mais, l’église n’est pas d’abord un lieu, mais une communauté, quelque chose vers lequel on se dirige, et dont on fait partie. L’église, ce sont des personnes et ces personnes jouent un rôle les unes envers les autres. L’expression « les uns les autres » apparaît plus de 35 fois dans le Nouveau Testament et décrit le mieux ce qu’est l’Église dans sa fonction. Vous savez, la première église a survécu à la persécution et à la répression parce que les gens se soutenaient les uns les autres. Ils portaient leur fardeau les uns les autres. Un fardeau est moins lourd lorsqu’il est porté par plusieurs.

4- Ne lâchez pas!

Enfin, ne lâchez pas et n’abandonnez pas. S’il y a un moment où nous devons tenir ferme, c’est dans les moments difficiles. Allez puiser vos forces en celui qui peut vous fortifier. Paul a vécu énormément de souffrance. Mais il a découvert un secret : c’est qu’il peut tout non pas par lui-même, mais par celui qui le fortifie.

Pour terminer, je vous souhaite bon courage et beaucoup de persévérance dans ces temps difficiles. Rappelez-vous : il y a une vie après l’épreuve. Il y aura une vie après cette crise.

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