Permettez-moi de donner une partie du crédit de cette leçon au Dr. Richard D. Dobbins, qui fut mon professeur, mon mentor et aussi un père spirituel pour moi. Décédé en 2014 à l’âge de 86 ans, celui-ci fut d’une grande et bénéfique influence dans ma vie spirituelle, professionnelle et personnelle. Comme mentionné, je vous en propose 10 caractéristiques d’une foi saine. Voici les 5 premières :

1- Une foi saine se relie à un Dieu d’amour

Beaucoup de gens ont une perception d’un Dieu en colère. Cette conception est alimentée parfois par des prédicateurs d’une époque qui mettaient l’accent sur un Dieu de jugement et de colère. Ou encore, par une lecture de l’Ancien Testament qui ne prend pas en considération le contexte historique. La plus grande révélation de Dieu nous vient du Nouveau Testament dans la personne de Jésus. Il est l’expression de l’amour de Dieu par sa venue sur terre, sa compassion pour l’humanité, son sacrifice et sa mort sur la croix. Jean, qui se faisait appeler le disciple que Jésus aimait, a eu la plus belle et la plus grande des révélations : Dieu est amour. Remarquez qu’il utilise le verbe ÊTRE. Dieu est amour. Le verbe « être » est un verbe d’identité.

2- Une foi saine engendre une bonne opinion de soi

Aucune autre religion n’insiste sur l’importance de la personne humaine que le christianisme. Une foi saine considère les gens comme ayant de la valeur. Cela est vrai quand on considère les autres, mais aussi quand on regarde à soi-même. Une saine estime de soi n’est pas de l’orgueil ni le culte de soi. C’est la perception juste et saine de notre propre identité, marquée par l’humilité. Une foi qui rabaisse les gens, les humilie et les condamne n’a rien saisi de l’amour rédempteur de Dieu ni de la valeur que revêt l’homme à ses yeux.

3- Une foi saine ne fuit pas la réalité

Quand on s’y arrête, la notion de réalité est assez complexe. C’est un amalgame de phénomènes qui englobent des éléments réels et non pas imaginaires ou en apparence. Vous et moi sommes constamment confrontés à la réalité de la vie : les obligations, les responsabilités, les relations. Parfois, c’est une réalité du passé qui refait surface. Cette réalité n’existe plus et, pour tant le souvenir que l’on en garde reste douloureuse. Parfois, lorsque le poids des responsabilités est trop lourd ou qu’une situation semble insupportable, la tendance est de chercher à fuir. Nous fuyons pour éviter d’affronter et de souffrir. Je me rappelle cette dame dont le mari n’était pas croyant et qui fuyait littéralement son foyer. Elle aurait tant voulu que son mari partage sa foi. Mais au lieu de passer du temps avec lui et de l’aimer comme il était (le défi le plus dur de la foi), elle le critiquait constamment, lui reprochant de ne pas venir à l’église avec elle. Quand il refusait, elle boudait. En désespoir de cause, elle se réfugiait à l’église en croyant bien faire. Mais, en fait, elle fuyait.

Une foi saine fait face et ne se dérobe pas. Jésus a affronté la croix et ne l’a pas évitée même s’il en avait le pouvoir. C’est une leçon de foi qu’il nous a enseignée ainsi. La foi n’est pas une excuse pour fuir les difficultés de la vie, mais un incitatif à les affronter.

4- Une foi saine trouve de la joie à donner

Donner, c’est s’opposer à notre nature humaine égoïste. Vous connaissez l’adage : Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. Mais dans la réalité, les gens ne se l’avouent pas, ils croient qu’il y a plus de joie à recevoir qu’à donner. Une foi saine ne cherche pas à tout ramener à soi. Elle se tourne vers les autres. La foi qui vient du cœur donne et se donne. Parfois, cela peut être financièrement. En d’autre temps, c’est de donner du temps. Peu importe le don, celui-ci demeure l’expression de la foi. Alors, chercher des occasions de vous tourner vers les autres et de donner : vous éprouverez une joie indicible et vous comprendre aussi que le Seigneur aime celui qui donne avec joie.

5- Une foi saine établit un équilibre entre le travail, l’église et la famille

Le mouvement évangélique est né de l’évangélisation. La réalité reliée à cela est donc qu’il est composé de convertis qui originellement, ne se préoccupaient pas beaucoup de Dieu. À la suite de la sublime expérience de la conversion, beaucoup de croyants se sont impliqués à fond dans l’église, dans l’évangélisation, dans toute sorte d’œuvres. Évidemment, cela est bien en soi. Néanmoins, au fil des années à m’impliquer auprès des croyants, j’ai souvent remarqué que beaucoup se sont littéralement brûlés à la tâche. Une sorte de burn-out spirituel. Ils deviennent frustrés parce que, parfois, ils ressentent qu’ils ont beaucoup donné et qu’ils n’ont pas été reconnus à leur juste valeur. Cela peut être vrai. L’église est un environnement où il y a d’énormes besoins. Si une personne ne se met pas de limites, elle risque d’être aspirée par les besoins pressants et récurrents.

Une foi en santé pose des limites et surtout établit un équilibre entre le travail (l’implication), l’église et la famille. Beaucoup de familles (mariage et enfants) ont été négligées par trop d’implication au travail et/ou par les exigences extérieures au foyer. Il y a un coût associé à ce déséquilibre. Malheureusement, lorsque les gens en prennent conscience, il est parfois trop tard.

Voilà, nous avons vu 5 caractéristiques d’une foi saine. Dans la prochaine capsule, nous poursuivrons notre réflexion avec 5 autres aspects. D’ores et déjà, vous pouvez sûrement commencer à faire quelques ajustements et à revoir certaines priorités.

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