Peut-être que cette question vous semble un peu bizarre. Vous vous dites, on a la foi ou on ne l’a pas. Ce n’est pas aussi simple. Certaines personnes ont une expérience religieuse malsaine qui exacerbe certains aspects de leur personnalité et affecte nécessairement leurs relations. En fait, on ne vit pas tous notre foi de la même façon. Certains chrétiens ne se voient pas comme les enfants d’un Dieu aimant, mais plutôt comme des vermisseaux écrasés sous les pieds d’un Dieu frustré. Pour ces personnes, c’est la manière dont elles ont performé ou le degré de sacrifice qu’elles ont fait qui détermine l’opinion que Dieu a d’elles. Alors pourquoi réagissent-ils de cette façon ? Nous sommes différents les uns des autres. Notre parcours de vie et notre expérience initiale sont différents. Parfois, on voudrait que les autres croyants aient une expérience similaire, uniforme, comme s’il existait un modèle que l’on peut reproduire exactement.
Paul a dit à Tite, un de ses collaborateurs :
« Pour toi, dis les choses qui sont conformes à la saine doctrine. Dis que les vieillards doivent être sobres, honnêtes, modérés, sains dans la foi, dans la charité, dans la patience ». Tite 2:2
Qu’est-ce qui fait qu’une expérience est saine ou malsaine ? Ou encore, qu’est-ce qui fait qu’une foi est saine ou non ? La réponse se situe au niveau des effets. Une foi saine nous construit, nous édifie et a un impact bénéfique dans toutes les sphères de notre vie : nos comportements, nos valeurs, nos relations, notre santé mentale et émotionnelle. Parlons un peu des émotions si vous le voulez.
Comme humain, vous et moi avons une vie émotionnelle. Nous avons tous la capacité d’éprouver et de ressentir des émotions. La façon et l’intensité avec laquelle nous vivons nos émotions sont rattachées à nos expériences de vie. En fait, nous venons au monde avec la capacité de ressentir tout le registre des émotions humaines. Mais, celles-ci sont teintées par nos expériences et aussi notre héritage génétique et familial. On n’a pas seulement le nez de notre père, on a aussi une part de son empreinte génétique. Et que dire de l’héritage culturel (famille, éducation, pays, société, etc.).
Il existe donc une relation entre nos émotions et nos expériences. Et cela se passe dans les 2 sens : une expérience de foi malsaine provenant d’une secte religieuse ou d’un milieu religieux toxique et dysfonctionnel perturbe les émotions. Les gens éprouvent de la peur, de la culpabilité ou de la honte. Ces émotions sont éveillées par l’église ou le milieu en question. J’ai vu des gens entrer dans l’église et éprouver de l’angoisse. Autour d’eux, les gens ne comprennent pas et certains tentent d’expliquer ce qui se passe en disant que c’est l’ennemi qui génère cela. En fait, cette angoisse provenait de souvenirs douloureux du passé qui se sont éveillés à ce moment. Il faut garder à l’esprit que les lieux ont une charge émotive. Parfois, cette charge est positive comme lorsqu’on retourne à un endroit que nous avons aimé et qui nous rappelle quelque chose d’agréable. Parfois, c’est l’inverse. Les émotions font donc partie de notre vie intérieure. Il y a des raisons qui expliquent pourquoi nous ressentons ce que nous ressentons.
Laissez-moi vous donner un exemple personnel. Il y a plus d’une trentaine d’années, j’ai eu la chance d’aller étudier aux États-Unis pour une courte période dans un centre chrétien spécialisé. Lorsque je suis arrivé là-bas, j’étais loin de m’imaginer que ma foi était déformée à ce point. En effet, je m’étais converti à 20 ans et ce fut une expérience merveilleuse avec Jésus. Cependant, l’église que j’ai commencé à fréquenter à ce moment était très légaliste. Après une année à la fréquenter, je savais tout ce que je ne pouvais pas faire, mais je ne savais plus ce que je pouvais faire.
Je savais tout ce que je ne pouvais pas faire, mais je ne savais plus ce que je pouvais faire!
Imaginez une vie où tout est toujours péché. C’est l’asservissement, la peur, la culpabilité. Même la liberté fait peur dans ces conditions. Est-ce que vous vous imaginez vivre sous un joug comme celui-là ? Mon expérience initiale avec Jésus avait été transformatrice. Mon expérience avec cette petite église avait été déformatrice. Heureusement, je m’en suis remis.
Enfin, d’autres ont vécu de mauvaises expériences de vie qui n’ont rien à voir avec la religion. Ils ont été blessés ou abusés et sont ainsi affectés dans leurs émotions. Ces dernières vont influencer et parfois déformer leur perception de la vie, de leurs relations et aussi de Dieu. Cette fois-ci, ce n’est pas leur expérience religieuse qui affecte leur foi, ce sont les blessures de la vie.
Alors, comment savoir si notre foi est saine ou malsaine ? Dans les vidéos des 2 prochaines capsules, je vais vous partager 10 caractéristiques d’une foi saine. Je veux vous inviter à partager ces vidéos avec certains de vos amis ou membres de votre famille. Vous connaissez ce qu’ils vivent en regard de la foi ou de l’église. Cela pourra certainement les aider à mieux comprendre. Alors je vous dis, à la semaine prochaine!
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