Dans cette capsule, je vais revenir et développer un sujet que j’ai déjà abordé dans le passé et que je me dois de reprendre. En fait, je tente de répondre aux questions suivantes :

  • Comment savoir si une personne s’est réellement repentie de ses erreurs ?
  • Comment savoir si elle est vraiment sincère?
  • Comment être certains qu’elle ne recommencera pas?

N’est-ce pas de bonnes questions ?

Traditionnellement, la repentance est associée à la religion ou au milieu religieux. Si vous faites une recherche sur Internet avec le mot « repentance », les premiers sites qui apparaîtront sont des sites religieux. Cependant,  celle-ci n’est pas exclusivement un concept religieux, même si elle y est souvent associée. Dans un contexte plus large, la repentance peut être vue comme un processus psychologique, éthique, moral, mais aussi relationnel qui implique la reconnaissance d’une faute, le regret sincère, et l’engagement à changer son comportement. J’y reviendrai.

Dans le contexte chrétien, la repentance est un concept et un précepte fondamental. Elle fait partie du message de Jésus, de Jean-Baptiste et des apôtres. L’expression « Porter du fruit digne de la repentance » est répétée très souvent dans les évangiles. L’apôtre Paul a prêché la repentance tout au long de son ministère. Elle constitue une condition essentielle de la conversion chrétienne, du salut, et est une nécessité incontournable à la transformation du croyant.

Mais, mon intention n’est pas de faire une étude biblique ou théologique de la repentance, mais de comprendre les fruits de celle-ci. Surtout quand nous assistons à quelque chose de vrai, de profond chez une personne qui se repent de ses actions. Je pense, en particulier à ses épouses (parfois à des maris) trompées à répétition dont les maris reviennent tout penauds en disant : « je te promets, je ne recommencerai plus… ». Comme de vrais adolescents. La vraie repentance doit se démontrer par des actions et des gestes plus que par des paroles. Elle va au-delà des excuses et du « je suis désolé ». Mais il y a plus encore.  Il existe des gens entêtés qui refusent de reconnaitre leur tort et de s’amender. Il y a des menteurs et des hypocrites qui affirment être désolés alors qu’ils ne le sont pas du tout. Comment démêler tout cela? Comment s’y retrouver devant ceux qui semblent sincères malgré le fait que nous restons perplexes ? Pour vous aider à mieux comprendre et vous rassurer, je vous propose une petite stratégie appelée les 5 « R » de la repentance.

1- Reconnaissance :

La première étape de la repentance consiste à admettre ses fautes ou ses péchés. Cela implique une prise de conscience honnête de ses actions et de leur impact négatif sur soi-même ou sur les autres. Mais, nous vivons à une époque où les personnes en tort ont beaucoup de difficulté à les reconnaitre. Personne n’est jamais coupable de quoi que ce soit. Et, il cherche à blâmer soit le passé, leurs parents, leur famille, etc. Or, on ne peut régler ce qu’on ne reconnait pas. Un alcoolique ou une toxicomane, par exemple, ne peut entreprendre une démarche vers la sobriété tant et aussi longtemps qu’il ne reconnait pas qu’il a un problème. La première étape du programme des 12 étapes, mentionne ceci :

Nous avons admis que nous étions impuissants devant notre condition et que nous avions perdu la maîtrise de notre vie.

Les personnes à la base de la création des 12 étapes, l’avaient compris pour eux-mêmes. Ils avaient compris cette vérité toute simple de reconnaitre la réalité de la présence d’un problème avant de pouvoir le résoudre. (Si vous voulez en savoir plus sur les 12 étapes, allez visiter, le site : www.libreenfinlibre.com

Mais, vous savez, il y a ce petit mécanisme à l’intérieur de la nature humaine qui s’appelle le déni. Celui-ci prend 2 formes : le déni inconscient, c’est lui qu’on ne peut pas voir et il y a le déni conscient, celui que l’on ne veut pas voir. Parfois, il nécessite beaucoup de souffrance avant que la barrière du déni se brise. Alors, dès le départ, posez-vous ce genre de question :

  • Est-ce que la personne reconnait qu’elle a un problème ?
  • Est-ce que la personne reconnait qu’elle crée des problèmes ?
  • Est-ce qu’elle reconnait qu’elle blesse les gens?
  • Est-ce que la personne reconnait ses torts ?

Si la réponse à ces questions est non, il n’y a rien à faire. Si la réponse est oui, vous pouvez passer à l’étape suivante.

2- Responsabilité :

C’est une chose de reconnaitre les torts qui ont été causés et une autre d’assumer la responsabilité de ses actes. En quelques mots, la responsabilité est le fait pour toute personne d’admettre être responsable de ses propres actes et d’en assumer les conséquences. Cela inclut les décisions prises, les actions entreprises, les paroles dites, les gestes posés.

Malheureusement, les personnes irresponsables ne se sentent jamais coupables de quoi que ce soit. Ils ont toujours une explication, une justification pour expliquer ou excuser ce qu’ils font ou ont fait et qui cause du tort. À vous qui avez été blessé par quelqu’un de proche, voici les questions que vous devez vous poser :

  • Est-ce qu’elle assume la gravité de ses gestes ?
  • Est-ce qu’elle prend conscience de ce qu’elle a fait ou au contraire excuse ses comportements?

Si la réponse à ce genre de questions est NON, vous vous exposez à ce que la personne recommence et vous vous serez de nouveau blessé! Si elle reconnait, il y a de l’espoir pour des changements.

3- Remords :

Une fois que les fautes sont reconnues, il est important d’observer si la personne ressent un profond regret ou des remords pour ces actions. Ce sentiment de regret doit être authentique et non motivé par la peur de la punition, des conséquences. Les remords comme les regrets sont un signe d’une conscience en bonne santé malgré les gestes malheureux qui ont pu être posés. De se sentir mal quand on a mal fait ou lorsqu’on a fait du mal à quelqu’un est un indice que nous avons de l’empathie. Au contraire, lorsque quelqu’un ne vit pas de regrets ou n’exprime pas de remords, c’est une révélation de son fonctionnement intérieur qui est déficient.  Sachez-le, il y a des gens qui sont tout simplement incapables de ressentir des remords. Alors, voici le type de question que vous devez vous poser :

  • Est-ce que la personne est vraiment désolée, repentante ?
  • Est-ce qu’elle est attristée à cause de ce qu’elle a fait?
  • Est-ce qu’elle éprouve des remords ou n’avoue que parce qu’elle s’est fait prendre ?

Si la réponse à ces questions ne vous paraît pas sincère, cela témoigne d’une conscience malade et malsaine. Le risque de récidive demeure élevé.

4- Réparation :


Souvent, les personnes qui ont commis une offense disent : « C’est bon, j’ai reconnu mon erreur et je te demande pardon. » Qu’est-ce que tu veux de plus? La réponse : RÉPARER. J’ai cité, il y a quelques minutes, la première étape du programme des 12 étapes élaborés par les Alcooliques Anonymes. Permettez-moi de citer la 9e étape :

Nous avons réparé nos torts envers ces personnes directement dans la mesure du possible, sauf lorsque cela aurait pu leur nuire ou nuire à d’autres.

L’essence de cette étape est la réparation, et ce, dans la mesure du possible. Parfois, les dégâts causés sont impossibles à réparer. Tout est cassé, brisé, et les morceaux sont éparpillés. Cependant, l’intention, le désir de vouloir réparer l’irréparable constitue une preuve, une démonstration évidente du sérieux et de l’honnêteté de la personne.

C’est la plus haute forme de respect de soi que d’admettre ses erreurs et de les réparer.

  • Est-ce que la personne fait un effort sincère pour reconnaitre ses torts et les réparer?
  • Est-ce qu’elle pose des gestes concrets pour tenter de réparer ou dédommager quand cela est humainement possible.
  • Est-ce qu’elle semble désireuse et décidée à rebâtir des ponts en vue d’une réconciliation éventuelle ou d’une amélioration des relations.

Si ce n’est pas le cas, la personne n’est pas sincère et sa repentance est superficielle. Elle n’a peut-être compris qu’…

« Il n’est jamais trop tard pour réparer les choses. Même le plus petit acte de réparation peut guérir une blessure ».

5- Répétition :

Enfin, le 5e R met l’emphase sur les risques de répétition. Si la personne a scrupuleusement et honnêtement expérimenté et mis en pratique les 4 premiers R : reconnaissance, responsabilité, remords ou regrets et enfin réparation, elle a fait de grands pas. Le test final :  mettre en place des mesures de protection pour éviter la répétition et la récidive. L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Encore une fois, voici le genre de question que vous devez poser et vous poser :

  • Est-ce que la personne prend des mesures pour s’assurer de ne pas répéter les gestes qu’elle a posés ?
  • Est-ce qu’elle cherche de l’aide et désire sincèrement changer ?
  • Par exemple, dans le cas d’un adultère, est-ce qu’elle est prête à rompre ou à prendre des distances face à la personne avec qui il ou elle a eu une aventure extraconjugale?
  • Est-ce qu’elle s’assure et vous rassure quant aux mesures qu’elle prend pour éviter de retomber?
  • Est-ce qu’elle se positionne pour être redevable à vous ou à quelqu’un de fiable?
  • Est-ce qu’elle vous enjôle ou vous étourdit par une foule de paroles sans que cela se concrétise par des actions tangibles et visibles?

Si la réaction de la personne qui vous a profondément blessé n’est que promesses et déclaration d’intentions, mais sans gestes concrets, c’est que la personne ne réalise pas l’impact et l’effet de ce qu’elle vous a fait subir ou a fait subir à d’autres personnes. Seulement la manifestation sérieuse et bien assumée de ces 5 actions peut vous permettre de baisser votre garde et de rebâtir la confiance.

Dans le cas contraire, vous devez vous protéger et vraiment réfléchir aux décisions que vous devrez prendre pour ne pas revivre ce qui vous est arrivé. Pour cela, je vous encourage à prier résolument à cet effet et demander à Dieu de vous donner tout le courage dont vous aurez besoin. La conversion de Zachée (Luc 19) constitue un exemple éloquent de la transformation d’une personne. Zachée a passé sa vie à exploiter et à abuser des gens. Alors, à la suite d’une simple rencontre avec Jésus, vois ce que fut sa réaction :

« Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Luc 19 :8

En réaction à sa réponse, Jésus a confirmé qu’il s’était vraiment passé quelque chose dans la vie et dans le cœur de cet homme :

« Le salut est entré dans cette maison! »

La constatation de Jésus est bien affirmée, et cela à partir de la véritable repentance de Zachée, qui se manifeste par sa promptitude à réparer les torts causés. Voilà une authentique conversion, une véritable transformation.

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