Aujourd’hui, je vais vous parler d’autosabotage. J’ai récemment été interpellé lors de certaines conversations à ce phénomène assez répandu, mais pas toujours facile à identifier, surtout par ceux qui le vivent ou l’expérimentent. Mais qu’est-ce que l’on entend par autosabotage?
L’autosabotage fait référence à une série de comportements, d’actions, de réactions, mais aussi d’inactions. Ceux-ci ont pour effet de saper, de miner ou d’entraver les progrès des gens dans différents domaines de leur vie, les empêchant de se réaliser pleinement ou d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. La particularité de l’autosabotage est qu’il n’est pas toujours conscient. Les gens ne se lèvent pas un matin en se disant : aujourd’hui, je sabote ma vie ou mon mariage ou ma vie professionnelle ou mon ministère. Il s’agit parfois d’une série de petits gestes qui s’accumulent peu à peu pour les mettre en échec. En d’autres occasions, l’autosabotage peut se manifester par des paroles qui provoqueront une réaction de l’entourage qui mènera au rejet, à une mise à l’écart et parfois au licenciement dans le cadre du travail, par exemple. Pour résumer bien simplement, l’autosabotage, c’est quand vous vous retrouvez à faire quelque chose qui n’est pas dans votre intérêt, ou qui est carrément malsain pour vous, et que vous ne pouvez pas vous empêcher de le faire quand même.
Il peut sembler surprenant que certaines personnes sapent ainsi leurs propres bonnes intentions ou les projets qui leur tiennent à cœur. Nous verrons dans quelques instants pourquoi cela se manifeste ainsi. Le côté malheureux de ces conduites et de ces comportements scabreux est qu’ils ont un impact négatif non seulement pour la personne elle-même, mais aussi pour leur entourage, la famille, les amis, etc.
L’autosabotage peut se manifester dans différentes sphères de la vie, affectant à la fois des aspects personnels tout comme professionnels.
Aujourd’hui, je vais vous donner quelques exemples et, dans la prochaine capsule, nous allons tenter de comprendre d’où provient cette tendance à s’autosaboter. Alors, voici quelques exemples :
1- La Procrastination :
Sur le plan professionnel, il s’agit de remettre constamment, à plus tard, des tâches importantes et qui conduisent à des échéances manquées et à une mauvaise performance au travail. La procrastination devient une façon de démontrer aux autres que vous n’êtes jamais prêt et que vous ne pouvez pas livrer de bons résultats. Sur le plan personnel, elle se manifeste par une tendance à repousser et à remettre des tâches importantes jusqu’au moment où tout se complique ou éclate. Cela peut comprendre le fait de ne pas payer les factures ou de ne pas réparer quelque chose.
2- Le perfectionnisme :
La tendance des perfectionnistes est de fixer des standards trop élevés ou complètement irréalistes. Ils ont tendance à se perdre dans des détails et à passer beaucoup de temps à se préoccuper de « petites choses » et qui mènent irrémédiablement à la paralysie, à l’abandon de projets ou à l’échec.
3- Une autocritique excessive :
Il s’agit du fait pour certaines personnes de se critiquer constamment, se juger sévèrement et se blâmer exagérément parfois pour des erreurs mineures, ce qui affecte immanquablement l’estime de soi. La personne devient son propre oppresseur, son propre ennemi. Pas besoin d’aller chercher ses ennemis ailleurs.
4- Les comportements autodestructeurs :
Le fait de s’engager dans des activités qui nuisent à sa santé ou de s’engager dans des comportements addictifs, comme la consommation excessive d’alcool, l’usage de drogues ou encore les jeux de hasard, et tout cela pour échapper aux problèmes et/ou aux émotions négatives. Même, les mauvaises habitudes alimentaires ou le peu d’exercice physique peuvent être une façon de saboter sa vie ou du moins, saboter sa santé.
5- Les relations toxiques :
Beaucoup demeurent dans des relations malsaines au détriment de leur propre vie et de leur propre santé mentale et émotionnelle. Ils savent qu’ils devraient quitter, mais par peur de la solitude ou à cause d’une pauvre estime de soi, ils se cramponnent à ce type de relations. Le besoin d’amour et d’affection peut être si grand parfois, que les gens demeurent dans un état de dépendance (qu’on appelle la dépendance affective) et qui ne les aide nullement à progresser vers un plein épanouissement.
6- Tendance à éviter les opportunités :
Très souvent par peur de l’échec ou par conviction de ne pas être à la hauteur, les personnes portées à l’autosabotage évitent ou repoussent les opportunités qui se présentent à eux. J’ai abordé, dans une capsule précédente, l’importance de ne pas négliger les opportunités.
Ces 6 aspects constituent les caractéristiques les plus communes. Peut-être vous reconnaissez-vous dans l’une ou l’autre ou dans plusieurs de ces caractéristiques. Alors, cela nous amène à la question cruciale :
Qu’est-ce qui cause et pousse les gens à littéralement saboter leur vie?
Parfois, malgré nos meilleures intentions, nous devenons notre plus grand obstacle et, comme je l’ai mentionné, notre pire ennemi. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles nous pouvons nous retrouver à agir à l’encontre de ce que nous voulons ou désirons. Les reconnaître constitue le premier pas vers la résolution du problème.
1- La peur du succès :
Cela peut sembler invraisemblable. Après tout, qui ne veut pas réussir et pourquoi aurait-on peur du succès? Mais pour certains, la réussite peut avoir des conséquences qu’ils ne souhaitent pas. Il peut s’agir de responsabilités accrues, d’attentes plus grandes, de la pression ou même de la peur d’un échec futur. En fait, ce n’est pas tant le succès qu’ils craignent que tous les changements que cela apporte dans les relations et dans leur identité. Beaucoup éprouvent le syndrome de l’imposteur, cette sensation de ne pas mériter leur succès.
2- Une faible estime de soi :
Vous connaissez cette voix dans votre tête qui vous murmure et vous chuchote des paroles disqualifiantes : « Tu n’es pas assez bien » « tu n’es pas la hauteur ou tu n’as pas ce qu’il faut ». Certains jours, où nous sommes davantage vulnérables ou anxieux, cette voix devient plus forte et nous perturbe davantage. C’est peut-être le signe d’un manque d’estime de soi. Les personnes qui manquent d’estime de soi ont souvent recours à l’autosabotage pour faire correspondre leur réalité à leurs convictions profondes.
3- La peur de l’échec :
Personne n’aime échouer. Mais pour certaines personnes, la peur de l’échec est si grande qu’elles préfèrent ne pas essayer plutôt que de risquer d’être déçues. Pour elles, il vaut mieux saborder une situation, une rencontre ou un événement et ainsi avoir une excuse toute trouvée pour ne pas faire faire ce qu’il faut pour réussir.
4- La peur de l’inconnu :
Le changement peut être intimidant, même s’il est positif. Pour certaines personnes, ce qui est familier peut sembler sécurisant, même si c’est inconfortable ou indésirable. S’aventurer hors de leur zone de confort ou d’inconfort représente un nouveau monde qu’elles ne sont pas prêtes à explorer. Par conséquent, elles se replieront inconsciemment sur elles-mêmes, sabotant ainsi leurs progrès.
5- La honte :
Certaines personnes pensent qu’elles ne méritent pas le bonheur ou la réussite. Cela peut être dû à des expériences passées ou à des croyances profondément ancrées dès l’enfance. Ces expériences ont généré une honte malsaine que l’on appelle parfois la honte toxique. Quelqu’un a dit un jour que la honte est ce qu’éprouverait une chenille quand toutes ces amies se changent en papillon et qu’elle reste une chenille. Elles n’ont pas le droit de réussir ou ne méritent pas de réussir. Cela les incite à se retirer lorsqu’elles sont sur le point de réaliser quelque chose de grand, car elles pensent qu’elles n’en sont pas dignes.
6- Des croyances limitantes :
Les croyances limitantes sont des convictions profondément enracinées qui influencent négativement les comportements et les décisions d’une personne. Ces croyances se manifestent envers soi-même (je ne mérite pas le succès ou je ne suis pas assez bon), envers les autres (Les autres sont meilleurs que moi. Je n’aurai pas d’aide de personne), envers la vie (la vie est trop difficile ou il est dangereux de prendre des risques), et aussi envers Dieu (il va m’abandonner ou il se préoccupe des autres, mais pas de moi).
Comprendre les racines de l’autosabotage est une étape importante pour apprendre à le surmonter. Une fois que vous commencez à voir les signes de l’autosabotage (ce que je viens de vous décrire) et à comprendre pourquoi vous en souffrez, vous pouvez et pourrez apprendre à vous en libérer. C’est ce que je vous expliquerai dans une prochaine capsule.
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