Cette semaine et pour les 2 prochaines semaines, je vais aborder avec vous la question du rejet. Il nous arrive tous de vivre du rejet. Je n’y ai pas fait exception. Le rejet fait partie de ce que j’appelle les blessures invisibles, tout comme le jugement, l’intimidation, le harcèlement psychologique, l’abandon, la trahison, la médisance. Il est faux de croire que ces expériences ne laissent pas de traces. Malheureusement, les gens qui ont été blessés se sentent souvent jugés. « Pourquoi tu te plains, tu n’as pas le bras cassé. » Comme si les blessures intérieures étaient moins douloureuses. Or, le rejet est une des blessures les plus souffrantes qu’une personne peut expérimenter.
Vous rappelez-vous, lorsque vous étiez à l’école, la peur qui vous tenaillait lorsque le professeur demandait à tous élèves de se subdiviser en petits groupes pour une discussion ou un travail de groupe ou encore au sport, lorsque venait le temps de sélectionner des joueurs pour former des équipes ? Dans ces moments, chacun a expérimenté l’anxiété résultant de la possibilité de ne pas être choisi ou de l’être par défaut : « Bof … on vous le laisse ! ». Une façon de dire : lui /elle, on n’en veut pas. Au-delà de l’humiliation publique, il y avait le sentiment de honte et de rejet.
L’expérience du rejet est profondément douloureuse parce qu’elle atteint ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes : notre identité et notre valeur. Si je ne suis pas choisi, c’est que je ne vaux pas grand-chose. Si je suis rejeté ainsi, c’est que je ne vaux rien et si je ne vaux rien c’est parce qu’au fond, je ne suis rien. Le sentiment de rejet se vit dans beaucoup de situations de vie comme :
Lorsqu’une fiancée est délaissée par son futur mari à quelques jours de son mariage
Lorsqu’un enfant qui n’a pas été désiré est repoussé par un des parents
Un adolescent solitaire et timide qui ne réussit pas à s’intégrer dans un groupe d’amis
Une maman repoussée par son fils ou sa fille
Une femme qui annonce à son mari qu’elle le quitte pour un autre
Ce genre d’expériences, que nous soyons grands ou petits, a toujours un effet douloureux. La blessure est émotionnelle et elle est si forte que le corps lui-même réagit à la douleur morale. Avoir le « cœur brisé » est à la fois symbolique et littéral, et la souffrance du rejet peut durer des semaines et des mois et pour certains des années. Inlassablement, notre cerveau repasse en boucle le scénario de ce qui s’est produit. Nous cherchons à comprendre ce qui nous est arrivé en tentant de comprendre pourquoi cela nous est arrivé, mais pourquoi et pourquoi moi en particulier. Qu’est-ce que j’ai fait pour que les gens me rejettent à ce point ou qu’est-ce que j’ai en m oi qui incite au rejet.
Vous savez, nous partageons tous, comme humain, une certaine fragilité intérieure, et cela, même si certains d’entre nous possèdent un « moi » assez bien construit, assez fort. Le rejet menace notre intégrité comme s’il venait remettre en question ce que nous sommes. Parfois, il met aussi en lumière certaines failles de notre nature.
J’aimerais pouvoir vous offrir des outils et des moyens pour éviter le rejet. Mais, cela est impossible. Même avec les meilleures conditions de vie, une personnalité en santé, nous sommes toujours exposés à ce genre d’expérience. Si, on ne peut pas l’éviter, on peut, par contre, guérir et s’en remettre. Laissez-moi vous proposer quelques pistes pour aujourd’hui et les prochaines semaines :
1- Autorisez-vous à avoir de la peine !
Il ne sert à rien de nier la souffrance. Vous avez été rejeté et blessé. Il faut accepter que cela fasse mal. La douleur est normale et va durer un certain temps. Prenez le temps de pleurer ce que vous avez à pleurer. C’est ainsi que vous allez décharger votre cœur. Donnez-vous aussi le droit d’être fâché. Être en colère est aussi une réaction normale. Cela ne signifie pas que nous devons tout casser autour de nous et blesser les autres à notre tour en nous vengeant. Simplement, reconnaître sa présence et l’exprimer. « Vous n’avez pas de pouvoir sur ce que vous ressentez, mais sur ce que vous faites avec ce que vous ressentez. »
2- Acceptez le fait que les gens qui rejettent les autres ont eux-mêmes des problèmes !
Les gens en bonne santé, même quand ils ont un problème à résoudre avec le comportement de quelqu’un, ne s’abaissent pas à rejeter. Rejeter quelqu’un n’est pas un signe de force, mais de faiblesse, ce n’est pas un signe de courage, mais de lâcheté. Seuls les gens qui ont une mauvaise estime d’eux-mêmes cherchent à dominer et à humilier pour prendre de la hauteur à leurs propres yeux. Vous avez été victime de ce type de personnes. Votre douleur est proportionnelle à l’importance que vous accordez à cette personne. Le jour où vous réalisez qu’elle-même est blessée, cela vous permettra d’alléger votre souffrance et de passer à une autre étape de votre guérison.
3- Ne personnalisez pas le rejet dont vous êtes victimes !
Un peu en lien avec ce que je viens tout juste de vous dire, les personnes qui rejettent les autres sont elles-mêmes blessées ou mal en point dans un aspect ou un autre de leur vie. Cela ne les excuse pas bien évidemment, mais cela nous aide à mieux comprendre. Vous connaissez aussi l’expression « les gens blessés blessent les gens… » Il existe un petit mécanisme chez les humains que l’on appelle TRANSFERT. Pour faire simple, il s’agit d’un processus au cours duquel des émotions ou des sentiments sont transposés ou reportés sur une autre personne. Dans nos relations, chaque personne éveille en ous des émotions : positives ou négatives. Or, les gens blessés se sentent menacer par les autres et réagissent en blessant par peur d’être blessés. Lorsque cela vous arrive, il faut rapidement vous dissocier de ce qui vient d’arriver. J’ai été blessé, mais ce n’est pas moi qui étais visé. Il y a des choses dans cet événement qui ne m’appartiennent pas.
En terminant, laissez-moi vous dire que l’on survit au rejet et que l’on en guérit. Et, quelque part, comme vous le verrez dans les prochaines semaines, cela nous rend plus fort, plus aptes à composer avec les défis de la vie et surtout des relations humaines. Alors je vous dis à la semaine prochaine et n’oubliez pas de partager la vidéo!
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